Huiles essentielles

Selon la Pharmacopée Européenne, c’est un :

“Produit odorant, généralement de composition complexe, obtenu à partir d’une drogue végétale, botaniquement définie, par entraînement à la vapeur d’eau, par distillation sèche ou par un procédé mécanique approprié sans chauffage. Les huiles essentielles sont séparées de la phase aqueuse, le cas échéant, par un procédé physique n’en modifiant pas significativement la composition.” [1]

Les plantes produisent des essences qui sont ensuite distillées pour obtenir les huiles essentielles. Ces essences contiennent des molécules aromatiques qui sont synthétisées dans différentes parties de la plante : fleurs, feuilles, écorces, bois, racines, rhizomes, fruits ou encore graines. On peut noter qu’avec le processus de distillation, certaines molécules changent. Ainsi, les essences et les huiles essentielles n’ont pas la même composition. [2]

C'est quoi une huiles essentielles ?

Les huiles essentielles ont une composition complexe car elles contiennent un grand nombre de molécules actives. Ainsi, elles ont des propriétés très variées : décongestionnante, tonifiante, calmante, anti-inflammatoire etc… et également des propriétés conservatrices (antibactériennes et antifongiques) qui peuvent être exploitées pour vos recettes. [2]

Les huiles essentielles présentent cependant de nombreux risques et doivent être utilisées avec prudence. Les risques les plus fréquemment retrouvés sont des risques de toxicité cutanée, tel que [3]:

  • Risque d’allergie : Hypersensibilité de l’organisme à des substances, généralement inoffensives, qui peut notamment se manifester par l’apparition de prurits, d’urticaire, de rougeurs, etc.

  • Dermocausticité : Irritation cutanée pouvant aller jusqu’à des brûlures, en fonction notamment de la concentration d’huile essentielle utilisée.

  • Photosensibilité : Certaines molécules contenues dans les huiles essentielles provoquent, sous l’action des rayons ultraviolets (soleil), des réactions inflammatoires superficielles (formation de tâches brunes ou rougeâtres). Il faut donc éviter de s’exposer au soleil longtemps pendant les 6 à 8 heures après application du produit.

Certaines, à forte dose, peuvent également agir sur les hormones et être abortives ou hépatotoxiques. Les huiles essentielles sont donc déconseillées aux femmes enceintes, notamment pendant les 3 premiers mois de la grossesse, chez l’enfant, les personnes âgées et les personnes souffrant de pathologies chroniques. [2-3]

Ainsi, il est conseillé d’avoir un avis médical avant toute utilisation. De plus, certaines huiles essentielles peuvent avoir des interactions médicamenteuses et modifier l’efficacité de ces derniers. [3]

Dû au grand nombre d’huiles essentielles irritantes ou allergènes, il est également fortement conseillé de faire un test d’allergie avant l’application du produit final. Pour cela :

  • Nettoyez une petite surface derrière l'oreille ou à l'intérieur de l'avant-bras.

  • Appliquez une petite quantité du produit et laissez sécher.

  • Après 24 heures, lavez soigneusement la surface avec de l'eau et du savon.

  • Cessez l'utilisation du produit si vous constatez la présence d'une rougeur, d'une démangeaison, d'une brûlure ou d'une cloque.

Enfin, il ne faut jamais appliquer d'huiles essentielles sur les muqueuses, le nez, les yeux, le conduit auditif et les zones anogénitales. Enfin, il faut éviter de les respirer à pleins poumons.

* Les noms dans cette colonne sont suivis d’un des mots suivants : [BARK/FLOWER/LEAF/PEEL/RHIZOME/ROOT/SEED/WOOD] puis oil afin de former le nom INCI.

Exemple : Melaleuca alternifolia leaf oil

Risques

Afin de diminuer les risques, notamment de dermocausticité, il est fortement conseillé de diluer les huiles essentielles avant de les appliquer sur la peau. Pour certaines, il est même indispensable de le faire. En effet, les huiles essentielles doivent en général être diluées, dans de l’huile végétale par exemple, pour atteindre une concentration de moins de 20%. Si possible, il est conseillé de suivre les indications du fabricant par rapport aux quantités à ajouter plutôt que celles des recettes. A noter qu’il est conseillé de ne pas ajouter plus d’huiles, même si l’odeur n’est pas assez forte, car vous vous exposez à beaucoup plus de risque. [2]

Pour ce qui est de l’activité conservatrice, nous n’avons malheureusement pas de “dosage type” permettant d’avoir une conservation efficace dans des produits cosmétiques ou ménagers. En effet, les tests sur l’activité antibactérienne et antifongique des huiles essentielles sont réalisés en laboratoire et ces tests ne contiennent pas forcément toutes les bactéries et champignons nécessaires pour pouvoir dire que cela fonctionnerait complètement dans un produit maison. Afin d’avoir une activité antimicrobienne, les huiles essentielles sont en général retrouvées à une concentration minimale de 2 à 3 mg/mL, voire beaucoup plus pour certaines, car elles ne sont pas toutes équivalentes. Cependant, les huiles essentielles sont généralement insuffisantes à elles seules pour protéger le produit. Ainsi, afin d’avoir une activité conservatrice efficace, il faudrait utiliser de très grande quantité mais cela présenterait trop de risques pour la santé. [4-5]

L’ajout d’huile essentielle avec ces propriétés permettra certes de mieux conserver le produit, cependant, son action ne vaudra pas celle d’un autre conservateur “officiel”.

L’utilisation d’une huile essentielle doit donc se faire en complément d’un conservateur “officiel” et non pas en substitution. De plus, il faut s'assurer de la qualité de l’activité conservatrice de l’huile essentielle avant toute utilisation.

Utilisation

Dans le tableau ci-dessous, vous trouverez des huiles essentielles utilisées en DIY cosmétiques et ménagers avec leur nom INCI, leurs propriétés conservatrices ainsi que les risques et conseils associés.


A noter : Ce tableau est le résultat d’un rassemblement de toutes les propriétés et risques contenus dans différentes études et textes scientifiques.
[2, 6-12] Ces documents ne sont pas exhaustifs et certains sont en désaccord sur les risques encourus. Nous avons donc fait le choix de mettre l’intégralité des risques afin de vous conseiller et d’être le plus précautionneux possible quant à l’utilisation des huiles essentielles.

Nom INCI :

Le nom INCI, International Nomenclature Cosmetic Ingredient, correspond au nom officiel de l’ingrédient. C'est un nom en anglais, normalisé dans l’Union européenne et la plupart des pays du monde. [12] Ainsi, sur les produits cosmétiques, vous trouverez ces ingrédients sous ce nom. Les huiles essentielles brutes peuvent également être vendues sous ce nom et le vérifier vous permet de voir si l’espèce est bien celle que vous cherchez. Les huiles essentielles peuvent provenir de différentes parties de la plante.

Ainsi, dans le tableau, vous trouverez seulement le début du nom INCI (le nom de la plante), tandis que, sur les étiquettes produits, la dénomination complète INCI est découpée en trois parties :

  • Le nom de la plante selon l’INCI

  • La partie de la plante utilisée :

          [BARK/FLOWER/LEAF/PEEL/RHIZOME/ROOT/SEED/WOOD]

          Respectivement : écorce, fleur, feuille, peau, rhizome, racine, graine, bois

  • Le terme Oil pour signifier qu’il s’agit d’une huile


Exemple : Melaleuca alternifolia leaf oil

Tableau des huiles essentielles

Sources :

[1] « Huiles essentielles - Aetherolea 04/2022:2098 », in European Pharmacopoeia 11.8. Consulté le: 15 mars 2025. [En ligne]. Disponible sur: https://pheur.edqm.eu/app/11-8/content/11-8/2098F.htm

[2] M. Bouarfa, « Aromathérapie - Propriétés thérapeutiques et réglementation des huiles essentielles », Formulation, févr. 2019, doi: 10.51257/a-v1-j2309.

[3] T. POIROT, « BON USAGE DES HUILES ESSENTIELLES, EFFETS INDESIRABLES ET TOXICOLOGIE ». 13 juillet 2016. Consulté le: 9 mars 2025. [En ligne]. Disponible sur: https://docnum.univ-lorraine.fr/public/BUPHA_T_2016_POIROT_TONY.pdf

[4] S. De Rapper, G. Kamatou, A. Viljoen, et S. Van Vuuren, « The In Vitro Antimicrobial Activity of Lavandula angustifolia Essential Oil in Combination with Other Aroma-Therapeutic Oils », Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine, vol. 2013, p. 1‑10, 2013, doi: 10.1155/2013/852049.

[5] M. Dreger et K. Wielgus, « Application of essential oils as natural cosmetic preservatives », Herba Polonica, vol. 59, no 4, p. 142‑156, déc. 2013, doi: 10.2478/hepo-2013-0030.

[6] A. Zhiri, D. Baudoux, et M. L. Breda, Huiles essentielles chémotypées, Nouv. éd. [Luxembourg: Inspir development], 2008.

[7] Bien-être et santé, « TOUT SAVOIR sur les plantes et les huiles essentielles ». 2013.

[8] Scientific Committee on Consumer Safety, « OPINION on Fragrance allergens in cosmetic products ». 13 décembre 2011. Consulté le: 9 mars 2025. [En ligne]. Disponible sur: https://ec.europa.eu/health/scientific_committees/consumer_safety/docs/sccs_o_073.pdf

[9] X. Fernandez, F. Merck, et A. Kerdudo, « Conservateurs pour cosmétiques - Généralités et conservateurs antimicrobiens », Formulation, sept. 2012, doi: 10.51257/a-v1-j2284.

[10] J. Garnero, « Huiles essentielles », Caractérisation et propriétés de la matière, déc. 1996, doi: 10.51257/a-v1-k345.

[11] D. Baudoux, Aromathérapie. Dunod, 2017. doi: 10.3917/dunod.baudo.2017.01.

[12] « Base de données », COSMILE Europe. Consulté le: 15 mars 2025. [En ligne]. Disponible sur: https://cosmileeurope.eu/fr/inci/